Médias : l’ère du diktat de l’émotion ?

Médias : l’ère du diktat de l’émotion ?

Paris Vox – (Tribunes) L’actualité a une fâcheuse tendance à chasser un fait par un autre, l’émotion prend le pas trop souvent sur la raison. Les sujets de fond, eux, semblent relégués au second ou troisième plan par les médias.

Le week-end qui vient de se dérouler est un bon exemple de l’hyperactivité médiatique. On citera pêle-mêle, le 49.3, les Césars, le Coronavirus ou les bagarres entre supporters stéphanois et lyonnais. L’ensemble de ces sujets ont occupé l’espace médiatique.

Les tendances se succèdent et nous avons une inclinaison à oublier rapidement ce qui faisait encore les unes il y a quelques semaines. Certains sujets s’imposent toujours à notre réalité. Les Gilets Jaunes, par exemple, s’imposent durablement depuis plus d’un an dans les nouvelles.

Mais il est de nombreux sujets qu’on a oublié.

En parlant de ce mouvement me revient le nom de Dettinger. Ce dernier me semble désormais oublié. Certains penseraient peut-être qu’il s’agirait plus d’une marque de Champagne que du nom du « boxeur Gilet Jaune » qui était devenu malgré lui une icône médiatique.

Qui se souvient encore du petit Julen, qui était décédé après avoir chuté dans un puits en Espagne. Cette affaire avait tenu en haleine de nombreuses personnes y compris en France ou l’affaire avait été relayée abondamment.

Personne n’aura oublié l’incendie de Notre-Dame de Paris, le suivi des travaux pourtant est plus timide. Les pollutions au plomb engendrées par ces terribles flammes sont elles totalement oubliées.

Vincent Lambert nous a quitté il y a déjà quelques mois. Son cas aura nourri bien des gazettes et entrainé de nombreuses réactions antagoniste parfois violentes.

François de Rugy symbole d’une élite déconnectée est retourné à l’Assemblée Nationale après un traitement médiatique qui ressemblait une chasse en meute. Aujourd’hui personne ne remet en cause son statut de député de la nation.

Les cas cités ci-dessus ont un point commun, ils ont marqué l’année en raison de la charge émotionnelle de ces affaires. Depuis le début de l’année l’affaire Griveaux, le Coronavirus occupent le cirque médiatique.

Ces affaires même si elles méritent d’être abordées dans les médias éclipsent bien des problèmes de fond de la société française et internationale. Les sujets sont pourtant légions. On pourrait par exemple citer quelques faits :

  • les écarts qui se creusent de plus en plus entre les riches et les pauvres en France.
  • La délinquance à Paris explose,
  • l’état des rues qui témoigne d’une tiers-mondisation à marche forcée.

Au niveau international, certains sujets sont traités partiellement et partialement quand ils ne sont pas simplement tues. Quid de la situation au Liban par exemple ?

Il est plus commode de céder à l’émotion ou d’utiliser des sujets racoleurs qui flattent les bas instincts. Je ne parle pas volontairement des réseaux sociaux, qui sont un miroir tendu aux médias et inversement, peut-être y reviendrais-je une prochaine fois !

Jean Ernice