Gilets Jaunes : Les Champs-Elysées ou rien ?

Gilets Jaunes : Les Champs-Elysées ou rien ?

Paris Vox – Pour certains Gilets Jaunes l’interdiction de manifester sur certaines artères est intolérable. Si la position de principe se comprend, elle ne doit pas pour autant éclipser le cœur de leur lutte.

Pour certains Gilets Jaunes, revenir manifester sur les Champs-Elysées est devenu non négociable. L’interdiction prise par le nouveau préfet de manifester sur la plus belle avenue du monde passe mal sur les réseaux sociaux. Cette prise de position est absolument compréhensible, en quoi manifester dans d’autres artères parisiennes serait plus légitime que sur les Champs ?

En manifestant entre l’Arc de Triomphe et le Rond-Point des Champs Elysées
les Gilets Jaunes ont rappelé aux parisiens et aux tenants du pouvoir qu’une manifestation parisienne n’était pas forcément entre Bastille et République. Venir manifester sur la « plus belle avenue du monde », c’est en effet assez inédit dans l’histoire récente. Depuis le début du mouvement, riches parisiens, touristes, employés du quartier, provinciaux et tout un autre panel de personnes se sont ainsi croisés peut-être pour la première fois !

Défiler au cœur de Paris, non loin des centres de pouvoir, a forcé les médias à parler du mouvement. Les télévisions étrangères sont venues également pour filmer les émeutes sur fond de décor carte postale…

Pour autant, est-ce que cela doit être l’alpha et l’oméga du mouvement ?

La raison d’être des Gilets Jaunes c’est un cri de colère sociale. Face à un mépris généralisé des élites, il exprime plusieurs malaises.La dénonciation du manque de répartition des richesses est le premier des leitmotiv avec la dénonciation d’une taxation injuste. Parmi les autres réclamations « jaunes », on trouve une démocratie plus respectueuse de ses citoyens et de leurs opinions. Vouloir à tout prix défiler sur les Champs Elysées ne doit pas éclipser cela, la forme ne doit pas prendre le pas sur le fond.

Le gouvernement a intérêt à une focalisation sur le lieu

Le gouvernement, en entamant un virage exclusivement répressif, tend un piège aux manifestants. Les Gilets jaunes tomberaient dans celui-ci s’ils se concentraient davantage sur le « où » manifester à la place du « pourquoi » le faire. On a ainsi pu lire après les incidents de l’acte 18, que les Gilets Jaunes n’étaient qu’une bande de casseurs sans slogans et revendications. La mobilisation qui se tient depuis le 17 novembre vaut mieux qu’une fin en queue de poisson !

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