La vie de Sainte Geneviève (4)

La vie de Sainte Geneviève (4)

Paris Vox – Paris Vox propose à ses lecteurs une série de biographies sur les saints personnages qui ont fait l’histoire et  la gloire de l’Eglise de Paris, l’une des plus anciennes de Gaulle, et qui font encore aujourd’hui le prestige de la Capitale.


  1. Geneviève, une sainte écoutée

Dès ce moment, l’humble servante de Dieu continua d’être l’objet de la vénération des habitants de Paris : on la chérissait comme une tendre mère, on la regardait comme une âme privilégiée dont Dieu prenait un soin particulier. La confiance en son intercession était si grande, qu’on réclamait de toutes parts ses prières , surtout dans les maladies et dans les afflictions ordinaires de la vie. Cette confiance parut surtout pendant le siège de Paris par Childebert, roi des Français. Les assiégés étaient pressés par les horreurs de la famine : Geneviève s’offrit de conduire ceux que l’on avait envoyés chercher des vivres, et les accompagna jusqu’à Arcis-sur-Aube et môme jusqu’à Troyes, et les ramena heureusement et sans aucun accident, malgré les dangers auxquels ils avaient été exposés.

Lorsque Paris eut été pris par Ghildéric, ce monarque, quoique païen, sut estimer la vertu de Geneviève, et suivit ses conseils en plusieurs circonstances ; il fit même, à sa prière, plusieurs actes de clémence. Clovis son fils, qui lui succéda dans le gouvernement de ses états, accorda plusieurs fois la liberté aux prisonniers pour lesquels Geneviève avait intercédé. Sainte Clotilde, l’épouse de ce prince, aimait singulièrement la pieuse vierge, et s’entretenait souvent avec elle. Geneviève se servit du crédit dont cette princesse jouissait auprès du roi, pour l’engager à bâtir une église dédiée aux apôtres saint Pierre et saint Paul (sur l’actuelle Montagne Sainte Geneviève). Cette église, commencée par Clovis, fut achevée plus tard par sainte Clotilde. Geneviève fît de même construire une église à l’endroit où saint Denis et ses compagnons versèrent leur sang pour Jésus-Christ. Ainsi cette vertueuse fille chercha- t-elle, jusqu’à un âge très-avancé, à procurer la gloire de Dieu et à faire triompher la religion.

Son céleste époux l’appela enfin à une vie plus heureuse , le trois janvier 512. Geneviève mourut à l’âge de 89 ans , cinq semaines après Clovis. L’idée qu’on avait de sa sainteté était si grande, qu’on l’enterra auprès de ce prince, dans l’enceinte de l’église des Apôtres, que l’on construisait alors ; le peuple éleva presque aussitôt un oratoire de bois sur le tombeau de sa bienfaitrice , et cet oratoire subsista jusqu’à ce que l’église fût achevée. Le tombeau de la Sainte devint bientôt célèbre par les miracles qui s’y opérèrent ; les fidèles y accouraient en foule pour réclamer son intercession. Les rois y déposaient leurs offrandes comme les autres chrétiens, et saint Eloi employa, vers l’an 655, l’industrie de son art pour décorer ce sépulcre.

Les choses restèrent en cet état jusqu’à l’invasion des Normands. Comme l’église des saints apôtres Pierre et Paul était située hors de l’enceinte de Paris , on craignait avec raison que ces barbares ne profitassent de cet avantage pour profaner le tombeau de la Bienheureuse. Afin de prévenir ce malheur, on leva le corps de terre, on le mit dans une belle châsse et on le porta en 845 à Athis , puis à Draveil, et cinq ans après, à la Ferté-Milon d’où il fut enfin rapporté à Paris en 855. En 1242 , l’abbé de Sainte-Geneviève fit faire une châsse magnifique pour y déposer les reliques de la patronne de Paris. Cette châsse était presque toute couverte de pierres précieuses données par des rois et des reines de France. Elle subit au moment de la révolution le sort de tous les objets consacrés au culte catholique : les précieuses reliques en furent tirées et cachées par des personnes pieuses : ce ne fut qu’en 1822 , le 3 janvier, qu’on les vit replacées solennellement dans la belle basilique dédiée à la Sainte, où elles continuent d’être exposées à la vénération des fidèles.

Théodore-François-Xavier Hunkler

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