La vie de Sainte Geneviève (3)

La vie de Sainte Geneviève (3)

Paris Vox – Paris Vox propose à ses lecteurs une série de biographies sur les saints personnages qui ont fait l’histoire et  la gloire de l’Eglise de Paris, l’une des plus anciennes de Gaulle, et qui font encore aujourd’hui le prestige de la Capitale.


III.                De la protection de Paris à la reconnaissance des miracles de Geneviève

Attila, roi des Huns, était entré dans les Gaules avec une armée formidable, composée de troupes de diverses nations barbares. Ce farouche conquérant avait marqué tout son passage par l’incendie, le pillage et les excès de tout genre. Les contrées les plus fertiles qu’il avait traversées étaient devenues des déserts, et il venait fondre sur la belle France comme un lion ne respirant que le carnage. Le bruit de sa marche rependit en peu de temps l’alarme sur Paris ; ceux d’entre les habitants qui ne se crurent pas en sureté dans cette ville, prirent le parti de l’abandonner et de se retirer dans quelque place plus fortifiée. Mais Geneviève, remplie de confiance dans la protection de Celui qui n’abandonne jamais les siens, surtout en temps de péril, annonça hautement que le Seigneur protègerait la ville, si on voulait recourir avec Lui par la prière, les jeûnes et les divers pratiques de pénitence que les chrétiens emploient ordinairement pour fléchir la divine miséricorde.

Quelques pieuses femmes, que ses discours et la vivacité de sa foi avaient touchées, allèrent la trouver, s’enfermèrent avec elle dans le baptistère public, et y passèrent plusieurs jours dans les exercices de la pénitence : mais la multitude, toujours effrayée à la vue d’un ennemi puissant, s’en prit encore à la sainte, la traita de fausse prophétesse, et la persécuta de nouveau. Geneviève se soumit à la volonté de Dieu, et pria pour ses ennemis. Cette générosité, que le christianisme peut seul inspirer, au lieu de lui gagner les cœurs de ses ennemis, les poussa jusqu’à vouloir même attenter aux jours de cette vertueuse fille. Le Seigneur ne l’abandonna pas dans ce danger extrême ; car, pendant que ses ennemis délibéraient sur son sort, arriva l’archidiacre de Saint Germain d’Auxerre, qui apporta des présents de la part de ce prélat. Ces présents consistaient en différentes choses bénites, appelées eulogies, que l’évêque envoyait depuis l’Italie à la sainte, en signe de l’union de leur foi et de l’amitié qu’il lui portait.

Il ne fallait pas moins qu’un témoignage si éclatant de la part d’un prélat aussi estimé que Saint Germain, pour désarmer le courroux des ennemis de Geneviève. Ils rougirent de l’indignité de leur conduite, et revinrent de leur prévention contre la pieuse vierge, qui n’avait d’autre tort que de se distinguer d’eux par une vie vertueuse. Peu de temps après, lorsque l’évènement vint justifier la prédiction de la sainte, et que l’ont appris que les Huns avaient changé l’ordre de leur marche, on conçut une profonde vénération pour elle ; car non seulement on reconnut le don de la prophétie dont le ciel avait doué Géneviève, mais on admira de plus celui des miracles. Geneviève en opéra d’éclatants en diverses villes où elle fut appelée soit par sa dévotion, soit par la confiance que les chrétiens avaient dans ses prières. C’est ainsi qu’on la vit se rendre à Tours pour y vénérer les reliques de saint Martin. Paris, Orléans, Troyes, Laon et Tours furent témoins du crédit dont elle jouissait auprès de Dieu, et devinrent le théâtre de ses œuvres miraculeuses. Le fruit de sa sainteté se répandit non seulement en France , mais jusqu’aux extrémités de la terre ; car on rapporte que saint Siméon Stylite, ayant appris par des voyageurs français quels progrès Geneviève avait faits dans la science des saints, lui fit demander le secours de ses prières.

Théodore-François-Xavier Hunkler