Guerre civile ou chaos organisé ?

Guerre civile ou chaos organisé ?

Paris Vox a le plaisir de proposer à ses lecteurs une sélection des retranscriptions écrites des chroniques d’Arnaud de Robert, diffusées quotidiennement dans la matinale de Radio Libertés.


Il est prêt à tout le père Fillon en ce moment, prêt à tout pour exister autrement qu’au travers de son vaudeville financiaro-familial. Faut le comprendre aussi. Passer en quelques semaines de « c’est du tout cuit » à « c’est cuit », ça laisse des traces. Je l’imagine le matin, blafard devant son miroir à se demander comment il a bien pu gâcher l’occasion du siècle. L’horreur  ! Prêt à tout donc pour se faire entendre, le voilà qui nous sort le couplet de la guerre civile. Encore ce vieux truc conservateur-réac de la guerre civile. C’est tellement facile  ! Cela fait trembler dans les chaumières, cela nourrit le fantasme permanent de l’imminence d’un chaos général et ça permet de racler à moindre frais quelques bulletins de votes. Tout de même, qu’un type aussi pondéré que Fillon en vienne à parler « d’ambiance de guerre civile », vous comprenez ma bonne dame, c’est du sérieux  ! Empressons-nous de répondre que le candidat aux abois n’en est plus à ça prêt pour faire parler de lui. L’outrance comme dernière carte d’une campagne présidentielle décidément et définitivement vide de sens. N’hésitons pas non plus à souligner que la putasserie de Bayrou déporte notre Fillon national sur la droite et qu’il faut bien tenter d’aller voler quelques voix à Marine Le Pen ou Dupont-Aignan.

Mais surtout monsieur Fillon, il est bon de vous rappeler deux ou trois choses sur la guerre civile. D’abord pour qu’il y ait guerre civile, il faut au moins deux parties voire plus. Or, navré mais pour le moment, à part le conglomérat gaucho-racaille qui anime en rotation qui les banlieues la nuit, qui les centres villes le jour, je ne vois pas grand-monde, et surtout pas d’autres groupes face à ceux cités plus haut.

On parlera donc avec plus de justesse d’émeutes à caractère territorial, racial ou pseudo-insurrectionnel.

On parlera donc avec plus de justesse d’émeutes à caractère territorial, racial ou pseudo-insurrectionnel. Cette qualification ne minore pas les violences de ces explosions de barbarie urbaine, mais a le mérite de la replacer là où elle doit être c’est-à-dire sous votre responsabilité et celle de vos prédécesseurs. Car s’il y a bien quelque chose dont Fillon, ses séides, ses partenaires de gauche et la longue cohorte de leurs ainés sont collectivement responsable, c’est bien de ce délitement généralisé du Bien commun, de l’intérêt national, de la cohésion sociale. Ahh c’est sûr, c’est toujours tentant de diviser pour mieux régner. Allez hop  ! On ouvre les vannes migratoires pour diluer ce peuple têtu qui pense encore que le pouvoir devrait lui revenir. Allez, allez entrez, surtout si vous venez de loin et que vous vous foutez de nos usages et de nos traditions. Ah et puis tant qu’on y est, laissons les p’tits bourges nous rejouer la révolution de 1917 en cassant des façades de banques. C’est tellement tendance, voyez-vous  ! En fait de guerre civile, ce que je vois surtout c’est un beau chaos bien organisé, un chaos cautionné par la droite et la gauche du Capital. Un chaos qui doit une fois pour toute araser tout ce qu’il reste de France dans ce pays. C’est bien le seul moyen pour passer définitivement au « vivre-ensemble ». Oh, ce ne sera pas tellement mieux, mais bien plus facile à gérer à coup de drones, de drogues et de virtualité. L’effondrement de la puissance publique que vous dénoncez, vous l’avez-vous-même préparé au nom de votre sacrosaint libéralisme réducteur de coûts. Même pas grave, on s’en moque puisque de toute façon on ne vit pas avec le peuple. Non monsieur Fillon, désolé mais votre fable, pas avec moi, ça ne prend pas. Et je crois d’ailleurs que cela prend avec de moins en moins de gens qui ouvrent les yeux et comprennent l’immonde modèle que tous vous voulez nous imposer. Les urnes vous répondrons sans doute monsieur Fillon, à moins qu’un jour ce ne soit la rue. Et là vous l’aurez votre guerre civile  ! D’ailleurs, par moment, quelque chose me dit que celle-là n’est pas loin. On a bien de droit de rêver un peu  ! Bonne journée  !

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