Musique : Entretien avec le groupe « In Memoriam »

Musique : Entretien avec le groupe « In Memoriam »

Paris Vox – Créé en 1994, le groupe In Memoriam s’est rapidement imposé comme le groupe phare de la scène dite du « rock identitaire français ». Après une longue absence, il revient sous les projecteurs et assène à nouveau son rock harmonieux et ses textes engagés à un public conquis. Rencontre avec Xavier, le chanteur de la formation.


PV : Depuis votre grand retour, en 2012, à l’occasion de la « Tana Delle Tigri », la fête annuelle de Casapound, vous enchaînez les concerts en France et en Europe. Dernier en date, le 14 janvier à Paris pour clôturer la journée de la Fierté Parisienne. Salle comble, public déchaîné… Vos impressions sur ce dernier set ?

Xavier : On n’avait pas joué à Paris depuis juin 2014. L’occasion était trop bonne ! C’était une vraie réussite, il nous tardait de retrouver notre public au cœur de la capitale. Une fois de plus, cela prouve que malgré les embûches, de bonnes volontés bien décidées peuvent organiser de tels événements. Bravo à l’organisation ! Nous, on a pris notre pied. Et vu l’engouement du public, je pense que tout le monde a bien profité.

 

PV : A votre public d’origine s’est ajouté une nouvelle génération de « fans » qui vous suivent et connaissent la plupart de vos titres par cœur… Malgré une « pause »  de plus de dix ans, comment expliquez-vous la persévérance et le renouvellement de l’engouement que vous suscitez ?

Xavier : Les choses en seraient peut être autrement si d’autres groupes avaient embrayé après notre arrêt en 2002. Mais non seulement il ne s’est pas passé grand chose après nous, mais les jeunes générations ont du coup été élevées avec notre musique.

Il faut dire aussi que nombre des chansons d’In Memoriam n’ont, hélas, pas pris une ride et la plupart restent tristement d’actualité ! Notre musique parle aussi bien aux anciens comme elle parle aux nouvelles générations. Force est de constater que l’époque que nous vivons et les années qui passent nous donnent raison. Nous avons donc une certaine crédibilité, donc sans doute une adhésion logique de notre public.Rajoute à ça la rareté des concerts en France et tu comprends pourquoi l’ambiance est bonne !

Beaucoup n’ont pas pu rentrer dans la salle lors du dernier concert parisien, faute de places, et nombreux ceux qui n’ont pas pu avoir de ticket. C’était à la fois rageant et flatteur !

In Memoriam

 

PV : Même si l’étiquette « Rock identitaire français » s’est imposée, on peine parfois à définir ce qu’elle recouvre… Comment définiriez-vous plus précisément votre style musical ? Rock ? Rock alternatif ? Indé ? Pop/rock ? Et plus généralement comment vous définiriez-vous, comme des artistes engagés, des militants qui font de la musique ? De quels autres groupes vous sentez-vous « artistiquement » proches ?

Xavier : Le Rock Identitaire, au final, c’était plus un courant qu’un style de musique. Plusieurs musiciens s’en sont légitimement revendiqués même s’ils ne faisaient pas de Rock à proprement parlé. Nous, nous faisons surtout du rock alternatif, tendance folk, avec un peu de ska, d’où la touche de sax sur certains morceaux.

Sinon, nous ne nous revendiquons surtout pas comme des « artistes engagés ». Je trouve cette terminologie beaucoup trop prétentieuse. Nous sommes des militants qui faisons de la musique. Non seulement pour porter nos messages en chansons, mais aussi pour offrir aux gens une alternative à la musique imposée dans la grande distribution comme sur les ondes. Nous pensons ainsi aux camarades en leur permettant d’avoir leur musique à eux. Avec des paroles qui les touchent, des thèmes qui leur sont sensibles, mais traités d’une autre façon que dans les majors… Une sorte de ré-information par la chanson, face à la musique mainstream diffusée partout.

Quand aux groupes dont nous nous sentirions « artistiquement » proches, nous laissons au public le soin de se faire son idée. Je pense qu’il n’est jamais bon, en tant qu’acteur, de se comparer aux uns et aux autres !

 

PV : En plus de votre répertoire « traditionnel », vous jouez également sur scène quelques nouveaux titres… Cela laisse bien sûr espérer la sortie d’un nouvel album, qu’en est-il de ce côté-là ?

Xavier : Tu touches un sujet de sensible…

On ne savait pas, jusqu’au concert de Paris au Back-Up (In Memoriam a rassemblé 1000 personnes en juin 2014 dans une boîte de nuit du 15eme arrondissement à quelques centaines de mètres de la Tour Eiffel, performance qu’aucun autre groupe identitaire n’avait réalisé jusqu’alors – NDLR) si on remettait le couvert pour de bon, ou si c’était juste pour quelques tours de piste. Finalement, vu la demande, on a décidé de remettre ça. D’où les nombreux concerts qu’on a pu faire depuis. Maintenant, il serait bon de sortir des nouveaux titres officiellement. Un récent changement du line-up nous a contraint à reprendre ce sujet à zéro. Oui, on sait, c’est pas marrant… !Mais on y travaille. Ça prendra le temps qu’il faudra, mais on espère sortir quelque chose bientôt.

Et, là encore, notre public le comprend, le problème est qu’on n’a pas tout le temps qu’on avait il y a 20 ans… alors entre la dispersion géographique et les activités familiales et professionnelles, il n’y a vraiment rien d’évident !

PV : Vous semblez malheureusement un peu seuls sur la scène musicale identitaire française… Comment expliquez-vous cette pénurie et, d’autre part, que diriez-vous à de jeunes gens qui hésitent à se lancer ou, pire encore, qui cherchent toujours de très bonnes excuses pour ne pas le faire ?

Xavier : Nous n’avons pas de leçon à donner. On est comme toi, on constate. Tristement…

D’autres groupes émergent quand même, et s’inscrivent même dans la durée. Mais c’est assez incroyable que dans la jeunesse natio ou identitaire (appelons-la comme tu veux…), avec tous les talents dans tant de domaines, on ait pas 4 ou 5 gus capables de se mettre ensemble pour faire de la musique. Il y a pourtant une belle place à prendre !

La scène identitaire ou assimilée est assez riche dans des styles de musiques « spécialisés » (Rap, Hardcore, Metal, Oï, etc). Mais en Rock, ce qui est le plus audible par le plus grand nombre, ça manque vraiment.

 

Si vous le voulez-bien, terminons cette entrevue avec une série de questions légères, distribuées à la volée…

 

Oasis ou Blur ?

Live forever !

Bordeaux ou Bourgogne ?

Bourgogne

Marion ou Philippot ?

Marion est très jolie.

Fromage ou dessert ?

Fromage. Avec un bon Bourgogne !

Adidas ou New Balance ?

Jamais sans mes 3 bandes !

Jean-Jacques Goldmann ou Michel Berger ?

Yen a assez des BHL, des Glucksmann et des Buren…etc

PSG ou Olympique Lyonnais ?

On a beau dire… Paris est magique !

Chasse ou Pêche ?

Traditions !

Révolution ou élection ?

Europe, Jeunesse, Révolution !

Site du groupe : http://www.in-memoriam-officiel.com

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