La volonté toujours …

La volonté toujours …

Paris Vox – Dorénavant, Paris Vox publiera régulièrement la retranscription écrite de la chronique de commentaire d’actualité d’Arnaud de Robert diffusée dans la Matinale de Radio Libertés. Aujourd’hui, notre chroniqueur revient le cas Islandais et l’importance du volontarisme en politique…


Ce matin, pour changer un peu des turpitudes du marigot politique français, nous allons faire un peu de sociologie appliquée. Oh, je vous rassure, rien qui ne puisse vous coller un mal de crane dès le début de la matinée. Non, le but sera simplement pour nous de bien cerner que la volonté est un élément central de la vie sociale et que si celle-ci vient à disparaitre, et bien c’est tout simplement la société qui se liquéfie et disparait à son tour. Vous vous souvenez certainement de la folle épopée de l’équipe de football d’Islande lors de  la coupe d’Europe qui s’est déroulée chez nous l’an dernier. Pas besoin d’être mordu du ballon rond pour cela, l’état d’esprit de cette petite équipe, son image, ses supporters avaient enchanté au-delà du sport. Je crois d’ailleurs vous en avoir parlé à l’époque sur ces ondes, moi qui suis tout sauf un fan de football. Pourquoi avons-nous tant aimé ces islandais  ? Probablement pour cette joie intense des joueurs et des supporters, pour leurs têtes gueules de vikings,  pour ce patriotisme si librement exprimé, pour cette audace à affronter les soit-disant grands de l’Europe du Football et à les pousser dans leurs retranchements. Oui, nous avons aimé ces islandais car ils dégageaient quelque chose de sain, de positif, de vivant qui contraste lourdement avec les pesanteurs du continent.

Et bien ce dynamisme en sport comme en économie, l’Islande le doit à des choix parfaitement contre-nature selon les canons libéraux et que l’on peut donc qualifier d’éminemment sains et naturels.

Et bien ce dynamisme en sport comme en économie, l’Islande le doit à des choix parfaitement contre-nature selon les canons libéraux et que l’on peut donc qualifier d’éminemment sains et naturels. A la suite de l’effroyable crise financière de 2008, l’Islande a décidé non pas de colmater les brèches sociales ou de rafistoler les banques mais de tout refonder. Cela ne s’est pas fait sans douleur, sans décisions-couperet comme la condamnation des deux PDG des deux grandes banques islandaises à 8 et 7 ans de prison. Cela s’est fait bien sûr contre le FMI, l’Union Européenne, contre l’OMC et Wall Street. Contre leurs conseils et leurs menaces. De même socialement, la crise a conduit à intensifier une large prise de conscience sur l’état déliquescent de la jeunesse islandaise, jeunesse pourtant initialement synonyme d’avenir. On se souvient aisément des récits de Bjork la chanteuse islandaise mondialement connue racontant sa jeunesse passée entre beuveries, frasques sexuelles et drogue. A partir de la fin des années 90, l’Etat islandais a décidé d’une série de mesures de lutte contre cet état de fait. La crise a été le facteur d’accélération, le moteur d’une volonté ferme du gouvernement de mettre fin aux fléaux qui obéraient son futur. Les chiffres sont éloquents  : Ainsi, alors que 17 % des jeunes Islandais âgés de 15 à 16 ans affirmaient en 1998 fumer du cannabis, ils ne sont plus que 7 % en 2016. La baisse est tout aussi significative pour la consommation d’alcool (42 % en 1998  contre 5 % en 2016) et de tabac (23 % en 1998 contre 3 % en 2016). Que s’est-il passé  ? Fréquence augmentée des activités de groupe, incitations multiples au sport, augmentation du temps passé avec les parents, interdiction de sortie au-delà d’une certaine heure. Etablissements scolaires, clubs de sports, Etat, parents, familles ont tous été enjoint à intervenir, prévenir et sanctionner. Un programme contraignant mais efficace qui a provoqué une vraie révolution des mentalités au point tout simplement de les inverser.

Avec un maitre-mot  : la volonté. Cette volonté inébranlable qui dit que l’on a raison de faire ce que l’on fait, peu importe la résonnance négative qu’elle peut avoir sur le moment.

Avec un maitre-mot  : la volonté. Cette volonté inébranlable qui dit que l’on a raison de faire ce que l’on fait, peu importe la résonnance négative qu’elle peut avoir sur le moment. Une volonté de fer pour le bien des siens. Et l’on en connait les fruits  : Une équipe jeune explosant de forme et de bonne humeur. Un pays entier communiant avec son équipe. Alors certes l’Islande est un petit pays. Mais c’est un pays uni, ethniquement homogène, culturellement fier, artistiquement actif et économiquement en redressement. C’est surtout un pays volontaire, qui a retrouvé la valeur du collectif et entamé sa quête d’authenticité face à la mondialisation. Ah  ! Cette volonté qui a si cruellement disparu de la classe politique et du peuple français … Mais rien n’est perdu, tout est affaire de volonté, à nous de le prouver. Bon week-end  !

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