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Primaires de la gauche : Dehors !

Primaires de la gauche : Dehors !

Paris Vox – Dorénavant, Paris Vox publiera régulièrement la retranscription écrite de la chronique de commentaire d’actualité d’Arnaud de Robert diffusée dans la Matinale de Radio Libertés. Aujourd’hui, notre chroniqueur analyse le second débat télévisé des primaires de la gauche…


Le premier débat avait été d’une platitude à côté de laquelle un parking ressemble à un champ de bosses. Normal nous avaient répondu nos amis de la grande presse, c’était un débat sans interaction. Ce soir, ils vont pouvoir se répondre et vous verrez, cela change tout ! Ah bon ? Alors on va regarder, plus par devoir journalistique qu’autre chose d’ailleurs. Vous allez finir par croire que je ponds de la mauvaise foi au kilomètre, mais moi je vais finir par croire que je suis masochiste à force de m’infliger de telles séries Z. Donc ce débat ? Un long tunnel morne. Deux heures trente de blabla misérabilistes notamment sur l’immigration voire même de l’angélisme sur les mal-nommés « migrants ».

Donc ce débat ? Un long tunnel morne. Deux heures trente de blabla misérabilistes notamment sur l’immigration voire même de l’angélisme sur les mal-nommés « migrants »

A ce moment du débat, Valls est même passé pour un dur. Un comble quand on connait sa xénophilie galopante. Un peu de soupe écologiste, des généralités sur l’Union Européenne toujours horriblement confondue avec l’Europe, un gros moment de délire sur la dépénalisation du cannabis initié par un Benhamias toujours complètement perché, un petit couplet sur ces pauvres profs qui dépérissent (et surtout il faut le dire qui risquent de voter en nombre pour le FN), un moment très hypocrite sur l’exercice du pouvoir comme don et sacerdoce et ? Et voilà. Tout ça pour ça, pourrait-on dire. Et ce matin les gros titres de presse sont à l’image du pauvre spectacle d’hier soir. « Un débat plus animé » voilà ce qu’on trouve en Une. La vache ! Quel titre ravageur ! Et encore pour l’animer plus il a fallu que les journalistes en charge dudit débats insistent et incitent lourdement. On était à deux doigts des distributions de gants de boxe et de produits dopants pour espérer voir pointer une canine ou sortir une griffe. Et de fait, la seule animation a été celle manifestant un clair mouvement de groupe contre Valls. S’il y a bien une chose que les socialos savent faire c’est mordre les favoris. Remarquez, cela m’a fait penser aux attaques sur Sarkozy lors de la primaire de droite. Mais autant Sarko est (était, il faut que je m’y fasse héhéhé) bon quand il était attaqué, autant Valls reste factice, creux, collé-monté. Bref, on ne va pas refaire le match, il est presque déjà plié.

D’abord parce qu’il est clair que tout se jouera entre Valls, Montebourg et Hamon. Peillon a bien tenté d’exister, mais c’est déjà presque trop tard dans cette campagne sprint quasiment finie.

D’abord parce qu’il est clair que tout se jouera entre Valls, Montebourg et Hamon. Peillon a bien tenté d’exister, mais c’est déjà presque trop tard dans cette campagne sprint quasiment finie. Ensuite, parce qu’en donnant sa décision très tardivement, Hollande qui, comme je vous l’avais dit à l’époque, l’a sûrement fait exprès, a gravement handicapé les chances d’un quelconque successeur dans son propre camp. Hollande était d’ailleurs hier soir, très symboliquement au théâtre pour voir une pièce intitulée « Seul avec vous ». On reconnait là, la veine mitterrandienne du « après moi, personne à gauche ». C’est au reste ce qu’à très bien compris Macron qui a pris très tôt la tangente pour effectuer un bond en avant positionnel de synthèse progressiste, hors du PS. Enfin, parce que médiatiquement cette primaire est un échec. Moitié moins suivie à la télévision, elle sera aussi très probablement moins mobilisatrice dans les votes de la semaine prochaine.

Au fond, on aurait pu s’épargner tout cela. Il aurait suffi à la gauche rassemblée dans la très comique « belle alliance populaire » de transformer cette primaire en un vote référendaire simple, avec une seule question : « Souhaitez-vous encore voir un candidat socialiste ou apparenté candidat à la présidence de la république ? »  Non ? Ok, on passe à autre chose. Allez, bonne journée !