Massacres du 13 novembre : Drancy plutôt que la Syrie

Massacres du 13 novembre : Drancy plutôt que la Syrie

Paris Vox (Tribune) – « Comme si c’était hier »  : l’expression revenait souvent dans la bouche des Parisiens en ce week-end du 13 novembre, un an après le massacre des terrasses de café et du Bataclan. Elle résume la peur et la douleur, encore à vif.


Paris a-t-il été victime ce soir-là d’un mystérieux « terrorisme » commandité dans des pays lointains et désertiques, comme le répètent les médias gouvernementaux  ?

Le parcours des assassins du 13 novembre 2015 montre une autre réalité.

Parlant français normalement, les trois assaillants du Bataclan, où ils ont assassiné 90 personnes, sont nés et ont vécu presque toute leur vie sur le territoire national.

L’un est originaire de Drancy, une banlieue calme proche de Paris, où les djellabas s’affichent désormais jusque dans les riches quartiers pavillonnaires. C’est à la mosquée du Blanc-Mesnil, fréquentée par les salafistes, que l’homme s’est islamisé.

Logés et protégés

Un autre terroriste est né dans un village rural proche de Strasbourg. Son père, qui « n’a rien vu venir », le décrit comme « un enfant calme ». Ce kamikaze a passé trois mois au plus en Syrie. C’est là, dans les rangs des djihadistes, que le caractère paramilitaire de l’attaque a été pensé. La haine, elle, était déjà présente.

Le dernier assaillant du Bataclan est né à Courcouronnes, puis il a emménagé à Chartres. Condamné huit fois pour des délits de droit commun, il n’avait jamais été incarcéré.

Selon les procès-verbaux de l’attaque du Bataclan révélés par le Parisien, au moins un de ces terroristes a laissé en vie les spectateurs typés arabe pour ne viser que les Européens.

Deux autres équipes composaient le commando du 13 novembre 2015  : l’une était destinée à mitrailler les terrasses des cafés du 11ème arrondissement, l’autre à se faire exploser au Stade de France à Saint-Denis. Deux d’entre eux sont arrivés en Europe par les chemins balisés de l’immigration clandestine.

Après le massacre, une partie des assaillants des terrasses de café a pu se réfugier dans la ville de Saint-Denis, logé par un « islamo-dealer » de quartier. Un autre, présenté comme l’un des coordinateurs des attaques, a été protégé plus de quatre mois dans le quartier arabo-musulman de Molenbeek, en Belgique, avant d’être arrêté.

Un islam des caves  ?

Sept mois après le massacre du vendredi 13, un arabo-musulman de Nice piétinait 86 personnes avec un camion. Le jour était symbolique  : c’était la fête nationale du 14 juillet. Selon le dossier en cours d’instruction, l’assassin n’a jamais eu le moindre contact, de près ou de loin, avec l’Etat islamique.

« Depuis près de dix ans, nous arrêtons en moyenne une fois par mois des préparatifs d’attaques majeures comme celle du Bataclan. (…) Cependant, mis à part le projet d’attentat à la cathédrale de Strasbourg qui a été médiatisé, le reste est en général caché par nos gouvernants » déclarait l’ancien inspecteur général du ministère de l’Intérieur, Ivan Blot, à Politique magazine (lien).

Dans un livre à paraitre fin novembre (Mosquées radicales – Ce qu’on y dit, ce qu’on y lit – éd. DMM), le journaliste Joaquim Véliocas montre que l’islam radical s’impose partout en France, structuré par des mouvements puissants, tenant certaines des principales mosquées du territoire ainsi que la plus grande école de formation des imams. Loin, très loin, d’un islam des caves.

Gustave Greleau

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