Roland Garros : les travaux peuvent reprendre…

Roland Garros : les travaux peuvent reprendre…

Paris Vox – Nouvel épisode d’un interminable feuilleton administratif. Le conseil d’Etat  a décidé hier, lundi 3 octobre, de casser la suspension des travaux ordonnée par le tribunal administratif en décembre dernier.


 

Depuis la fin des années 2000, la Fédération Française de Tennis souhaite régler les problèmes d’engorgement que rencontrent les Internationaux de France au stade Roland Garros tous les ans. En effet, la surface du stade est inférieure de moitié à celle des autres stades du Grand Chelem : New York, Melbourne et Wimbledon (Londres). La FFT propose alors 4 projets : 3 projets de construction ex-nihilo (à Marne-la-Vallée, Gonnesse ou Versailles) et un projet qui consiste à agrandir le stade actuel. C’est ce dernier qui est finalement choisi, essentiellement pour une question de coût : environ la moitié des trois autres projets.

Seulement voilà, Roland Garros est situé Porte Molitor, dans le 16ème arrondissement, une zone plus qu’urbanisée. Pour pouvoir agrandir le stade de tennis (le projet prévoit la construction d’une nouvelle enceinte de 5000 places), c’est une partie du jardin botanique de Paris qui doit être sacrifiée. Une pétition pour la sauvegarde du site recueille alors plus de 60 000 signatures. Pendant le tournoi, l’Orangerie entre autres, pourtant inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques (tout comme le sol du Jardin) sera utilisée comme un espace de réception, selon le projet. D’autres bâtiments, comme les serres « chaudes » ou une serre de travail seront purement et simplement détruites. Certaines des serres du Jardin, emblématiques, ont été mises en place par Jean-Camille Formigé à la fin du 19ème siècle.

Selon la mairie, celles devant être détruites ne font pas partie de celles-ci. De la même façon, la mairie argue que l’orangerie ne sert qu’en hiver. Or, le tournoi de Roland Garros se déroule à la fin du printemps. La Ville de Paris défend donc le projet bec et ongles. Surtout depuis que Paris a annoncé être candidate à l’obtention des Jeux Olympiques de 2024.
Des associations de riverains, opposés à la destruction de ce formidable patrimoine botanique et architectural pour un simple divertissement, lancent de leur côté diverses procédures juridiques pour empêcher l’avancement des travaux. Alors que le tribunal administratif statue en leur faveur le 28 février 2013, le projet est légèrement modifié et le tribunal rejette alors 3 recours déposés par les associations de défense. A la fin de l’année dernière, les héritiers de Jean-Camille Formigé se lancent dans la bataille et le Tribunal de Grande Instance ordonne l’arrêt des travaux. Jusqu’à la décision du Conseil d’Etat d’hier. Ce qui ne sonne pas pour autant la fin du feuilleton. La décision du tribunal administratif ne portait que sur le droit, la forme de cette affaire. Il doit statuer sur le fond en décembre. Jusque là, les travaux pourront reprendre.

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