La démocratie, dictature des imbéciles …

La démocratie, dictature des imbéciles …

Paris Vox – Dorénavant, Paris Vox publiera régulièrement la retranscription écrite de la chronique de commentaire d’actualité d’Arnaud de Robert diffusée dans la Matinale de Radio Libertés. Aujourd’hui : petite interrogation sur la nature de la démocratie.


 

Et bien j’aimerais revenir ce matin sur ce qu’il faut bien appeler le viol continu de l’expression des peuples par l’oligarchie technocratique.
Oui continu, car même si la crise d’hystérie collective doublée d’une haine de classe qui s’est emparée de nos élites à l’annonce des résultats du Brexit peut apparaitre comme une nouveauté car exercée sans retenue, au grand jour et formant une charge claire contre la démocratie et ses principes, elle n’est aucunement une « première fois ».
Bien sûr, l’accumulation hallucinante des propositions de réforme post Brexit : Examen pour obtenir le permis de voter, doublement des voix pour les moins de trente ans, sanctuarisation des principes européens pour les soustraire au vote, abrogation de l’article 50 permettant la sortie de l’Union, constitue une sans nul doute surprenante offensive à ciel ouvert. Ceux-là mêmes qui nous ont fait couper la tête des rois et nous ont harcelé pendant deux cent ans des bienfaits de la démocratie nous la décrive maintenant comme la dictature des imbéciles et nous demandent de dire adieu à l’intérêt général, à la règle majoritaire et au principe « un homme, une voix ».
Mais certains pourraient encore trouver que j’exagère et qu’il faut voir l’emportement de nos élites comme une crise passagère de gens tellement épris de progrès qu’ils ont du mal à le voir contrarier, snif ! C’est d’ailleurs comme cela que la presse aux ordres le présente aujourd’hui.
A ceux-là, j’objecte qu’ils ont la mémoire bien courte et sélective et qu’avant de sortir du bois, l’oligarchie a déjà fait preuve de sa haine et de sa détermination. Je vais pour ce faire, citer deux évènements majeurs, l’un passé totalement inaperçu et l’autre qui aurait dû l’être.

Ceux-là mêmes qui nous ont fait couper la tête des rois et nous ont harcelé pendant deux cent ans des bienfaits de la démocratie nous la décrive maintenant comme la dictature des imbéciles et nous demandent de dire adieu à l’intérêt général, à la règle majoritaire et au principe « un homme, une voix ».

Fin 2014, les élections suédoises ont vu émerger Sverige Democratie, un parti patriotique qualifié de populiste (ce qui est un non-sens car tous les partis courtisent le peuple en démocratie). Fort de ses 12 % au parlement et s’alliant avec un autre parti d’opposition Sverige Democratie a fait rejeter le budget du gouvernement de Stefan Löfven. Dans toute démocratie cela provoque évidemment la démission du gouvernement et de nouvelles élections, ce qu’à donc naturellement d’abord annoncé le premier ministre suédois le 22 mars 2015. Mais les sondages à suivre ont tous montré une forte hausse de Sverige Democratie à des niveaux ne laissant plus espérer quoi que ce soit pour les autres partis installés de Suède. Craignant de tout perdre, ces derniers ont donc décidé de se former en alliance « démocratique » et de se répartir les postes gouvernementaux par un accord valable jusqu’en 2022. Exit les élections de 2015 et celles de 2019. Ce coup d’Etat fait d’ailleurs de la Suède la première démocratie à connaitre un nouveau gouvernement sans le passage aux urnes. Enorme ! Cela aurait eu lieu en Ukraine ou au Chili, le monde entier aurait hurlé à l’atteinte fondamentale des droits démocratiques. Là pratiquement rien dans la grande presse. L’argument massue du « Hitler a été élu démocratiquement » a suffit à justifier l’injustifiable.

Exit les élections de 2015 et celles de 2019. Ce coup d’Etat fait d’ailleurs de la Suède la première démocratie à connaitre un nouveau gouvernement sans le passage aux urnes.

Second évènement, l’annulation de l’élection présidentielle autrichienne. Premier point, il y a fort à parier que sans le Brexit, cette annulation n’aurait d’ailleurs pas eu lieu. La Cours constitutionnelle autrichienne s’est en effet bornée à relever une accumulation de négligences sans fraudes ni manipulations alors que de nombreux observateurs autrichiens et étranger sont démontré le contraire. Le seul vote par les urnes donnait le candidat national-libéral du FPÖ en tête de 144 000 voix, mais par un tour de magie dont seule l’oligarchie a le secret, les votes par correspondance (expatriés et majoritairement les maisons de retraites) ont fait bondir le candidat écolo-socialiste de 20 points, lui donnant la victoire sur le fil. Et si la Cours Constitutionnelle autrichienne n’a pas trouvé de fraude c’est bien évidemment qu’elle n’en a pas cherché, trop heureuse de trouver des négligences comme elle dit. Et quelles négligences encore puisqu’elles décrivent des gens qui dépouillent de nuit et sans autorisation les bulletins par correspondance. Grosse la négligence, non ? La vérité c’est qu’il y a eu bourrage des urnes. La seule ville de Linz présente un total de vote par les urnes et par correspondance de 145, 6 %. Et on veut nous faire avaler que les retraités autrichiens dont toutes les études démontrent le conservatisme ont massivement voté pour le programme écosocialiste ?
La crudité cynique est que l’oligarchie est prête à tout dès lors qu’un candidat soutenu par une partie populaire de l’électorat se trouve en mesure de l’emporter. Une leçon qui raisonne comme un avertissement sans frais à l’approche des élections présidentielles françaises. Affaire à suivre …