Dette, mensonges et élection

Dette, mensonges et élection

Paris Vox – Dorénavant, Paris Vox publiera régulièrement la retranscription écrite de la chronique de commentaire d’actualité d’Arnaud de Robert diffusée dans la Matinale de Radio Libertés. Aujourd’hui : vérités sur la dette française à quelques mois des élections présidentielles.


 

Et bien cher Arnaud, l’actualité de ces derniers jours est décidément folle, folle, folle. Les rebondissements multiples de l’effet Brexit, la persistance des manifestations contre la loi El Khomeri, les casseurs, les législatives en Espagne, l’attentat d’Istanbul hier soir, l’épidémie géante de fièvre jaune en Afrique Centrale sans oublier le parcours fabuleux de l’équipe d’Islande à l’Euro 2016 qui réjouit même le fan de foot que je ne suis pas (et j’ajoute pourvu que ça dure !) …
Actualité folle je vous le dis et on en oublierait presque que nous ne sommes qu’à 11 mois des élections présidentielles et que mine de rien tous les aspirants à la présidence de la République sont en train de fourbir leur armes au sein de leurs écuries. Tous ? Oui tous, sans oublier l’actuel occupant du poste, François Hollande. Il a beau se faire discret y compris sur les manifs, y compris sur le Brexit, le plus mauvais (jusqu’à maintenant, hein !) président de la Vème République vient de se faire épingler par un rapport sur l’exécution budgétaire de la Cours des Comptes en date du 25 mai dernier. Ce rapport aurait d’ailleurs pu, compte-tenu de l’actualité folle dont je vous parlais tout à l’heure, passer totalement inaperçu sans la vigilance de quelques journalistes faisant leur métier, il en reste.
Mais revenons à l’essentiel. L’autorité comptable française décrit dans ce rapport un stratagème aussi judicieux que totalement pervers utilisé par Hollande et son gouvernement pour masquer et minorer depuis quatre ans le montant réel de la dette publique française et surtout son augmentation.
On savait déjà que le gouvernement, d’ailleurs comme tous ceux qui l’ont précédé, manipulait les chiffres du chômage jusqu’à les rendre grotesques, maquillait celui des exportations pour les gonfler, camouflait des dépenses inutiles, mais là on tape dans le lourd car la dette c’est tout de même le gros boulet qui absorbe chaque année plus de 50 % du budget de l’Etat. Et cette dette mes amis ne fait qu’enfler, s’emballer et s’alourdir. Dès lors, l’enjeu d’une dette maitrisée ou apparemment maitrisée devient crucial, notamment sur un bilan aussi calamiteux que celui de notre cher Flambi.

« Maquiller une dette, comment ça marche ? »

Mais au juste et comme disait Jean-Claude Bourret (les plus vieux comprendront l’allusion, les plus jeunes chercheront) : « Maquiller une dette, comment ça marche ? ». Oui je sais, on va devoir parler un peu chiffre mais rassurez-vous, je vais simplifier au mieux le procédé d’autant que c’est surtout son résultat qui nous importe et nous impacte. Donc, le joli tour de passe-passe de Bercy est, pour combler le trou du déficit laissé par la dette, d’émettre chaque année des Obligations Au Trésor (appelées communément OAT). Ces obligations comportent des taux de rémunération alléchants de 5 ou 6 % ce qui provoque immanquablement la ruée des investisseurs qui n’hésitent pas à acheter des obligations à des prix supérieurs à leur valeur réelle, voire au double de cette valeur.

Lorsque l’Etat vend pour 1 milliard d’obligations, il en encaisse 2.

Et résultat ? Abracadabra ! ! Lorsque l’Etat vend pour 1 milliard d’obligations, il en encaisse 2. En 2015, ce joli tour de magie a permis de raboter la dette de 22, 5 milliards et la Cour des Comptes souligne que c’est un nouveau record. Ce maquillage permet enfin à Hollande de déclarer que la dette est contenue en-dessous des 100 milliards d’Euros, chiffre symboliquement sombre pour les marchés.
Mais alors me direz-vous si cela permet de faire baisser, même momentanément la dette, ou est le mal ? Et bien le mal se cache dans votre poche brave gens ! Car cette opération a un cout. Chaque milliard emprunté à 6 % coûtera, pendant dix ans, 60 millions d’intérêt par an. Et ces intérêts qui va les payer ? Vous l’avez compris ce ne sera pas Hollande.
Voilà donc que pour soigner son image ou plutôt ce qu’il en reste et se donner des airs de grand argentier, Hollande non seulement nous ment, mais cela n’est pas nouveau mais en plus nous colle une dette de remboursement pour la décennie à venir. Magique, non ?
Il n’y a pas à dire, une présidentielle, ça n’a pas de prix !

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