Les HLM de Puteaux : habitations à légalité modérée

Les HLM de Puteaux : habitations à légalité modérée

Paris Vox (Tribune) – Clientélisme et petits arrangements entre amis sont aussi à l’œuvre dans nos vieilles villes d’Ile de France. En auriez-vous douté ? Rassurez vous, nous non plus…
L’ANCOLS (Agence nationale de contrôle du logement social) vient ainsi de publier un rapport qui met à jour les divers manquements aux règles de l’OPH (Office Public de l’Habitat) de Puteaux. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils sont nombreux ! « Gouvernance globalement défaillante », « L’Office ne loge pas une population aux caractéristiques sociales marquées », « Recouvrement des impayés non optimisés », ou encore « Suivi insuffisant des réclamations ». Voilà certains des termes que l’on peut retrouver dans le rapport de l’ANCOLS et que France Bleu a révélé. C’est un véritable scandale administratif qui est épinglé. De nombreux exemples viennent appuyer ces dysfonctionnements. Seul 17,5 % des habitants bénéficiant du parc immobilier social de la ville seraient éligibles aux APL (Aide Personnalisée au Logement), alors que ce taux d’éligibilité est de 38 % dans le reste de la région. Pour ceux qui ne remplissent pas les critères ‘sociaux’, une surcote est normalement appliquée à leur loyer modéré. A Puteaux, seulement 13 % des locataires sont soumis à ce « surloyer »… et encore, il est deux fois moins important que celui prévu par la loi !

Ce n’est pas la première fois que la gestion des HLM de la ville de Puteaux est pointée du doigt. En décembre dernier, « le Parisien » affirmait que l’adjoint chargé de la vie associative et de la démocratie locale était logé dans un de ces fameux HLM… alors qu’il possède par ailleurs trois bien immobiliers ! Dans un autre cas, un F3 a été alloué à un requérant 5 jours seulement après sa première demande. Il y aurait plus de 25 000 Putéoliens en attente d’un HLM, alors que l’OPH gère quelques 5200 logements. Difficile, dans ce contexte, de comprendre ces accessions « éclairs ». Surtout que tous les justificatifs soumis sont détruits après le passage en commission. Pas très « transparent » tout cela…

La mairie de Puteaux est connue pour ses pratiques clientélistes. L’Hôtel de Ville est aux mains du clan Ceccaldi-Raynaud depuis 1969 et l’élection de Charles, le père. Aujourd’hui c’est la fille, Joëlle, qui « gère » la ville et dépense allègrement l’argent des contribuables. Ce n’est pas pour rien qu’elle est surnommée la « maire Noël ». Elle a recruté la semaine dernière une nouvelle directrice générale pour l’OPH de Puteaux : Sylvie Ramond. Ex-conseillère générale de Levallois Perret, c’est surtout une ancienne adjointe et fidèle des Balkany dans la ville des Hauts de Seine. A la vue de ce pedigree, on peut malheureusement craindre qu’elle ne soit pas tout à fait la personne idoine pour faire le ménage dans les agissements opaques de l’Office. Qui vivra verra….

Paul Eparvier