Entrevues : pourquoi ont-ils quitté Paris ?(1)

Entrevues : pourquoi ont-ils quitté Paris ?(1)

Paris Vox (enquête) – Paris, ville lumière, est une ville qui fascine et qui attire. Mais c’est aussi une ville que, chaque année, de nombreux habitants cherchent à quitter, pour ne pas dire à fuir. Passage presque obligé d’une vie estudiantine puis professionnelle, Paris n’entre plus dans le « projet de vie » à long terme de nombre de ses habitants. Qui sont ces gens qui, après avoir vécu de nombreuses années dans la capitale, partent s’installer en province ou à l’étranger, quelles sont leurs motivations, les raisons de leur choix, leurs aspirations et leurs objectifs  ? C’est ce que « Paris Vox » a cherché à savoir en interrogeant une série « d’ex-parisiens » aux profils les plus divers. Voici les premières réponses de la série.

PV : Pouvez-vous vous présenter brièvement  ? Situation de famille, profession…

Jean, j’ai 36 ans, je suis marié et j’ai trois enfants. Je travaille pour une agence publique française en Asie sous la tutelle d’un ministère français.

PV : Quelles sont les principales raisons qui vous ont poussé à quitter Paris  ?

J’ai quitté Paris car, étudiant sans aide, je ne pouvais plus me permettre d’y vivre. Le coût de la vie quotidienne, des transports en commun et de ma chambre de bonne microscopique en location m’y a encouragé. J’étais convaincu que si je partais poursuivre mes études linguistiques à l’étranger dans le pays locuteur, je pourrais augmenter mes chances de réussites tout en ayant une vie meilleure. Une rapide étude m’a conforté dans cette idée … et cela a fonctionné.

PV : Votre projet de départ a-t-il été aisé à mettre en œuvre  ? Quelles ont été les principales difficultés rencontrées  ?

Je fus la plus grande difficulté à mon départ. En avoir assez, envoyer tout voler sur un coup de tête, est une décision d’une fraction de seconde facile à prendre, mais une fois la tempête passée, se laisser convaincre par cette idée, peser le pour et les contre, tout abandonner en France, envisager l’échec à l’autre bout du monde, ne pas savoir ce qui nous attendra au retour, est une réflexion de longue durée qui nécessite une longue préparation. Avec le recul je m’aperçois que je n’avais pas pensé à tout  ! Heureusement ma bonne étoile m’a guidé.

PV : Qu’espériez-vous, qu’envisagiez-vous de bénéfique à ce départ  ?

Je voulais avoir une vie plus agréable, non pas que Paris, ville musée, soit esthétiquement désagréable, encore qu’elle s’enlaidisse d’architecture moderne chaque jour, mais je voulais manger sain, non plus uniquement avec les premiers prix de supérette, déambuler en paix, non plus la main sur mon portefeuille, pouvoir sortir entre amis sans me ruiner, avoir une vie normale en fait. Je voulais aussi réussir mes études et dans ma branche, l’immersion totale est la clé du succès.

PV : Vos attentes ont-elles été sinon comblées du moins satisfaites  ?

Oui, très satisfaites même. Après mes études j’ai trouvé très rapidement du travail, fondé une famille par la suite et la vie sur place est très agréable.

PV : Quels sont les aspects de Paris qui vous manquent ou risquent à terme de vous manquer  ?

Ce qui me manque de Paris c’est sa beauté, son émulation intellectuelles (expositions – concerts – musées), car je suis dans une ville très pauvre en la matière. Me manquent aussi beaucoup les amis qui n’ont pas eu l’envie ou la possibilité de quitter Paris, et le reste de la famille française dont un certain nombre est parisien.

PV : Envisagez-vous de revenir un jour vivre à Paris  ? Quels changements et transformations de la ville pourraient vous conduire à un retour  ?

Seules des raisons professionnelles pourraient me faire retourner à Paris. Si je devais retourner en France et, à conditions égales, choisir entre Paris et la province, c’est en province que j’irais.

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