Paris : visite nocturne dans le quartier de la salle de shoot

Paris : visite nocturne dans le quartier de la salle de shoot

Paris Vox – 6 mois après son ouverture, la première « salle de shoot » parisienne continue à faire polémique. Les riverains, notamment, persistent à demander sa fermeture. Nous avons donc décidé d’aller visiter les alentours de la salle de shoot, pour constater son impact sur la vie du quartier.


La « salle de consommation à moindre risque » (doux nom pour   « salle de shoot ») prend place dans l’hôpital de Lariboisière. A l’extérieur, rien de cette présence n’est matérialisé ou indiqué clairement.

L’hôpital de Lariboisière est accolé à la gare du Nord, non loin du quartier de la Goutte d’Or, entre Barbès et La Chapelle.

Notre premier constat est que certains riverains arborent toujours  aux fenêtres des pancartes et des banderoles  contestant cette salle. La salle n’est donc pas adoptée par la population locale, pourquoi  ?

Le parking  face à l’hôpital a mis en places des néons bleus, ces néons sont réputés chasser les toxicomanes. Cette lumière plus agressive que les néons blancs ou jaune classiques n’incitent pas à rester, de plus ils présentent une autre caractéristique, la lumière bleue rend plus difficile le fait de trouver les veines pour les personnes souhaitant « se piquer ».

Dans les rues autour de la rue Ambroise Paré, un constat s’impose, les déchets résiduels des toxicomanes jonchent les trottoirs.  L’odeur dans la rue est assez prenante, une odeur d’urine qui incommode les rares badauds qui hâtent le pas lorsqu’ils passent dans la rue, se couvrant le nez tout en jetant des regards rapide à gauche et à droite et faisant les sourds lorsqu’on souhaite leur parler.

Le reste de la population de la rue semble précarisé et perdu,  certains individus boivent sur les trottoirs et beaucoup errent sans but visible.

Au sol, on trouve majoritairement des emballages et des notices de méthadones, des résidus de kits fournis par les nombreux distributeurs de matériel pour se piquer et même des seringues utilisées.

Rue de Maubeuge, on trouve deux de ces distributeurs distancés d’une dizaine de mètres.  Et sur le boulevard la Chapelle un autre distributeur encore.

Autour de chaque distributeur, des canettes de bières fortes vides, des emballages médicamenteux encore et toujours….

Chaque « recoin discret » disponible semble ainsi  avoir été occupé, utilisé par un toxicomane qui y laisse immanquablement divers détritus.

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