François Bousquet : “Sortir Camus de l’invisibilité médiatique”

François Bousquet : “Sortir Camus de l’invisibilité médiatique”

Paris Vox – Rencontre avec François Bousquet, rédacteur en chef d’Éléments et patron de la Nouvelle Librairie à l’occasion de la soiree débat qu’il organise avec Renaud Camus.

Comment se porte la Nouvelle Librairie ?

La librairie se porte relativement bien. On poursuit notre montée en puissance, on a publié près de 60 livres en 2021, on part sur des bases un peu plus élevées en 2022. La nature ayant horreur du vide, notre catalogue est en train de s’imposer comme celui des nouvelles dissidences. Si je dis néanmoins qu’elle se porte « relativement « bien, c’est que le contexte – politique, géopolitique, sanitaire, économique – est des plus étranges. Il semble figer les positions comme à l’époque du glacis communiste, sur fond de normalisation idéologique, d’unanimisme médiatique d’instrumentalisation émotionnelle. La guerre en Ukraine n’a fait que renforcer cette impression d’être plongé dans une sorte de drôle de paix, comme il y a eu une drôle de guerre. L’état d’esprit qui domine, c’est l’attente : attente de la fin du Covid, de la fin de la guerre, de la fin de l’hiver, de la fin d’une présidentielle volée. Ces périodes d’attente sont des périodes d’ajournement, de suspension, de procrastination : on repousse à demain, comme si les gens se retenaient. Si on jouait aux cartes, on pourrait dire qu’ils passent leur tour. Si les cartes étaient des bulletins de vote, qu’ils s’abstiennent, en brandissant un droit de retrait.

Pourriez-vous nous présenter l’événement qui se tiendra le 18 mars ?

Renaud Camus, c’est l’invité mystère de la présidentielle, du moins avant que la guerre en Ukraine et le flot compassionnel qu’elle charrie ne viennent monopoliser l’attention. Jusque-là, Renaud Camus, c’était l’inconnu le plus célèbre de France. Tout un chacun citait le Grand Remplacement, sans jamais s’être donné la peine de lire celui qui en a forgé l’expression. Il s’agit donc pour nous, Nouvelle Librairie et Éléments qui organisons la soirée, de sortir Camus de l’invisibilité médiatique à laquelle on le réduit. C’est lui l’arbitre souterrain, le souverain caché du 10 avril ; c’est lui qui, depuis la prison numérique et médiatique où il est confiné, en souffle les sujets aux candidats. L’occasion, car il en faut une, nous en a été fourni par la sortie de son nouveau livre : La Dépossession, en février, chez nous. Il nous revenait de le présenter à ses lecteurs. Rien de tel qu’une réunion publique pour cela. Cela ne souligne que plus la dimension politique de cette somme consacrée au « remplacisme global ». Renaud Camus en débattra avec Olivier Rey, philosophe, romancier, mathématicien, esprit libre s’il en est, un des grands penseurs de l’écologie, philosophe de la taille, des ordres de grandeur, de la substituabilité du vivant par les mathématiques, par le système métrique, par le pur quantitatif – quasiment le remplacisme. La philosophie est née de ces échanges, de ces dialogues au sommet. Il se trouve par ailleurs que ces deux penseurs se retrouvent sur le terrain de l’écologie, thème qui traverse leurs œuvres respectives.

Les murs de la Librairie sont trop petits pour recevoir tout le monde ?

J’ai évoqué cette question de taille, thème cher à Olivier Rey. De fait, la librairie ne nous offrirait qu’un espace réduit, généralement réservé aux dédicaces et aux interventions courtes. Là, nous partons sur une soirée de plus de deux heures. Nous n’abandonnons d’ailleurs pas la librairie, c’est elle qui nous suit : c’est une réunion hors les murs de la librairie, avec Éléments, le magazine des idées. Cela tombe bien : c’est d’idées dont on débattra le vendredi 18 mars.

Quelques mots sur les livres de Renaud Camus sortis aux Éditions de la Nouvelle Librairie 

Renaud Camus, c’est une œuvre-fleuve conçue pour durer comme les constructions en pierre de jadis. Son minerai à lui, c’est le minéral. Par son ampleur, son ambition, sa hauteur, sa puissance de clarification, son œuvre a déjà pris date avec l’histoire littéraire. Mais jusqu’aux années 2000, elle ne s’inscrivait pas explicitement dans une veine politique quand bien même elle faisait valoir des options et des préférences de civilisation : la civilité, le culte de la beauté, des formes, la distance, la syntaxe comme structure de la pensée. Les livres que nous publions – Le Grand Remplacement, Le Petit Remplacement, La Dépossession – procèdent de ce registre, mais dans une perspective plus ouvertement politique. La réflexion s’y fait exhortation.

Cet événement sera-t-il suivi d’autres ?

Difficile à dire à ce stade. C’est une première pour nous, réussissons-là et nous envisagerons peut-être de lui donner une suite.

Informations utiles

Date : 18 mars 2022
Horaires : 19h30-23h
Adresse : 270 rue St Jacques 75005 Paris
Billet classique : 10€
Billet classique + La Dépossession : 41€

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