Affaire Pénélope Fillon : ouverture du pot de pus

Affaire Pénélope Fillon : ouverture du pot de pus

Paris Vox – Dorénavant, Paris Vox publiera régulièrement la retranscription écrite de la chronique de commentaire d’actualité d’Arnaud de Robert diffusée dans la Matinale de Radio Libertés. Aujourd’hui, notre chroniqueur revient sur le premier  – et sans doute pas le dernier… – scandale de la campagne électorale : l’affaire « Pénélope Fillon ».


Il fallait bien s’y attendre, la politique est ainsi faite que sous les costumes-cravate haute couture s’ouvrent des gouffres de haine, de vice et de hargne. Je me demandais l’autre jour combien de temps allait durer le joli sketch que la classe politique nous jouait depuis les fêtes. Tout n’était que politesse, courtoisie, ronds de jambes et sourires Colgate. Trop de civilité chez ces gens-là est suspect, effroyablement suspect. Quel n’a pas été mon soulagement  hier quand nous avons appris que missis Peneloppe Fillon, la belle dame galloise du challenger de droite aurait truandé l’administration de l’assemblée nationale – et nous par la même occasion – pendant huit longues années en occupant fictivement le poste d’attachée parlementaire de son cher mari. Bien entendu, la mèche a été vendue par le Canard Enchainé, le journal qui porte bien son nom. Bien entendu l’affaire est probablement vraie.

Pour rappel, en 2014 l’Assemblée Nationale a rémunéré 52 épouses, 28 fils et 32 filles de députés.

Mais pour rappel, en 2014 l’Assemblée Nationale a rémunéré 52 épouses, 28 fils et 32 filles de députés. La pratique est donc largement répandue, ce qui explique aussi sans doute la mollesse des élus de gauche à venir taper sur le couple Fillon. L’attaque est donc des plus classiques, mais elle fait mouche sur un Fillon qui déclarait pendant les primaires de droite je cite : « qu’on ne peut prétendre à l’élection présidentielle si l’on n’est pas soi-même irréprochable. » Aï, méfiance François avec les déclarations définitives de ce type, leur caractère péremptoire, définitif à quelque chose de dangereux, toujours, qui se traduit souvent par le fameux effet boomerang. Attention donc car Sarkozy, pour avoir abusé de ces bonnes phrases, s’est fait sortir comme un gamin.

Irréprochable, ce mot sonne comme un titre de film de science-fiction. Irréprochable, Emmanuel Macron semble ne pas l’avoir été non plus. On apprend, toujours hier qui semble vraiment avoir été le top départ du grand déballage, que le sémillant millionnaire progressiste aurait utilisé l’argent public pour lancer son mouvement politique « En marche ».

Le Mozart de la finance aurait utilisé à lui seul, entre le 1er janvier et le 31 août 2016, 80 % de la totalité de l’enveloppe de frais de représentation allouée au ministère des finances pour … préparer au travers de diners sa campagne présidentielle et jeter les bases de son mouvement

Et plus précisément, le Mozart de la finance aurait utilisé à lui seul, entre le 1er janvier et le 31 août 2016, 80 % de la totalité de l’enveloppe de frais de représentation allouée au ministère des finances pour … préparer au travers de diners sa campagne présidentielle et jeter les bases de son mouvement. Ah oui ! Les 80 % cela fait tout de même 120 000 euros, là aussi venant de notre poche. Il se dit également que Macron passait une grande partie de son temps de travail à recevoir écrivains, philosophes, journalistes, politologues lors de déjeuners et diners de travail somptueux. J’imagine qu’il  ne voyait pas le mal, lui le requin de la finance. Il soignait son futur réseau de campagne sans doute. Et le plus drôle c’est décidément Michel Sapin qui comme d’habitude n’a rien vu.

Pour ces deux révélations des enquêtes officielles sont en cours. Espérons qu’elles aillent au bout, certains français sont encore soucieux de savoir où passe l’argent qu’ils gagnent durement. Sans aucun doute, le pot de pus étant maintenant ouvert, les prochaines semaines vont être grosses de révélations plus ou moins scabreuses. Tout le monde va prendre, pas de quartier. Il y aura des blessés et quelques écornés. Et puis, ça passera. Cela passera parce que le mensonge est maintenant admis comme une norme politique, une norme journalistique, une norme sociétale. Pas de succès, de réussite, de richesse sans mensonge. Tout le monde le réprouve mais tout le monde le pratique. Plus personne ne croit au Système mais tout le monde le soutient, chacun y trouvant un os à ronger. Reste à espérer qu’il pousse des fleurs sur le fumier. Trump a beaucoup menti durant sa campagne. Il a beaucoup promis aussi. Or depuis quelques jours, il semble faire ce qu’il a dit. Ah mais mince, je ne vois pas de Trump ici. Dommage. Allez bonne journée quand même.