Reportage/entrevue : la «  Baffe Lutécienne », un club de boxe pas comme les autres…

Reportage/entrevue : la «  Baffe Lutécienne », un club de boxe pas comme les autres…

Paris Vox – “Avoir notre propre club de sport dans Paris ? Mais c’est impossible ! !”

Et pourtant, ils l’ont fait.
Des t-shirts « Badabing » côtoyant des shorts « Venum », bienvenue à la Baffe Lutécienne !
Depuis plusieurs années, en plein cœur du 15e arrondissement, ce club non conforme permet de venir s’initier ou se perfectionner aux sports de combats, dans une ambiance particulièrement conviviale.
Initialement orientés sur le pieds-poings (kick-boxing) et la self-défense, les cours se sont agrémentés ces dernières temps de sessions spécifiques de lutte et de travail au sol (grappling), offrant aux combattants un panel plus complet se rapprochant du MMA (Mixed Martial Arts), discipline décriée et méconnue, les compétitions officielles étant toujours interdites en France.
Comptant une trentaine d’inscrits chaque année, sa taille humaine permet aux débutants de se sentir en confiance et aux plus confirmés de profiter de conseils personnalisés, le coach jonglant entre les niveaux et les caractères avec patience et virtuosité. Entre celui qui n’a jamais mis une claque et l’habitué des bagarres de bars ou de fins de concerts, il faut s’adapter techniquement, mais aussi savoir ménager les susceptibilités.

Visite guidée avec l’un des fondateurs du club :

PV : Quand et comment est née la Baffe Lutécienne ?
Roger : La Baffe Lutécienne est une initiative du réseau M.A.S. (Mouvement d’Action Sociale) datant de 2009. Elle est l’incarnation concrète et exacte de l’esprit du mouvement. Re-créer un lien social fort et participer à la création d’une alter-société dans sa notion la plus large et diversifié : culture, formation, aides aux plus démunis, sorties sportives, soirées, etc.
La Baffe Lutécienne nous a semblé être une bonne réponse dans le domaine sportif. L’objectif ? Entretenir nos esprits et nos corps. Proposer aux franciliens une forme de cours accessible à tous niveaux, afin d’acquérir des notions en boxe pieds-poings et plus généralement en self défense. Notre devise : La sueur épargne le sang.

PV : Pourquoi vouloir créer ce qui existe déjà partout dans Paris ?
R. : La Baffe Lutécienne est unique ! Avec une certaine fierté, nous pouvons dire qu’aucun club ou association sportive de sport de combat ne ressemble à la nôtre (ou du moins, parmi ceux que je connais). Nous proposons à tous les franciliens un créneau de deux heures de sueur dans une franche et saine camaraderie, animé par des membres unis autour de mêmes principes de vie. Et puis c’était aussi un moyen de retrouver de l’indépendance et une certaine autonomie, en créant notre propre structure.

PV : Plutôt que d’élèves, on pourrait parler de “membres d’une communauté” ?
R. : Exactement ! Comme dans beaucoup de clubs, cercles sportifs, se créé un esprit de corps. Travailler, faire du sport, transpirer ensemble créé des liens. Souvent, nous venons avec nos amis, nos frères. On en parle beaucoup autour de nous, parce qu’il y a une notion d’équipe et beaucoup de bonne humeur. La séance finie, nous nous retrouvons souvent ensemble autour d’un verre pour discuter et mieux se connaître.

PV : Cette volonté de boxer avec (ou plutôt contre) des camarades, cela n’est pas un peu étrange ?
R. : Absolument pas. Rien de contradictoire. Un camarade est celui avec qui vous allez certes passez de bons moments, mais surtout endurer les pires. Un camarade est quelqu’un pour qui vous aurez énormément de respect et d’admiration pour son courage et son dévouement dans tous les moments : la joie, la douleur et la sueur. Se cogner avec des potes avec qui la veille tu te faisais gazer aux Invalides, rien de mieux pour souder un groupe.

PV : Une manière de promouvoir la « Boxe pour tous » ? (y compris les femmes ?)
R. : Aucune excuse ! Le sport est une obligation pour toute personne ayant un minimum d’hygiène de vie. La boxe et la manière dont elle est abordée à la Baffe Lutécienne permet de désinhiber de la peur et de l’angoisse des coups. Elle donne le goût de l’effort, du travail, la joie de la progression. Dans nos villes sombres et hostiles, il nous semble important d’acquérir des réflexes de self défense et d’entretenir notre forme physique. L’histoire, l’actualité nous le prouvent à maintes reprises : la femme doit savoir se protéger, savoir quoi faire en cas de danger.

PV : Un mot en guise de conclusion ?
R. : Laissons la parole à Tyler Durden :  » Comment peux-tu te connaître si tu ne t’es jamais battu ? »

Pour contacter la Baffe Lutécienne : labaffelut@yahoo.com

Entrevue réalisée par John Doe

https://www.facebook.com/baffe.lutecienne/

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