Cinéma : « La chute des hommes », de Cheyenne Carron

Cinéma : « La chute des hommes », de Cheyenne Carron

Paris Vox – La prolifique réalisatrice indépendante Cheyenne Carron sort un nouveau film, La Chute Des Hommes. La chute des hommes, c’est l’histoire de Lucie (Laure LOCHET) cette jeune femme pétillante, fière de l’héritage chrétien et païen qu’elle a reçu de ses parents. Passionnée par les parfums, elle part au Moyen Orient et va se retrouver enlevée par un groupe terroriste islamiste. Mais c’est aussi l’histoire de Younes (Nouamen MAAMAR), ce chauffeur de taxi, natif de ce pays ravagé par la guerre, dont le fils est malade et qui, prêt à tout pour sauver sa famille, va se compromettre en tombant dans le piège tendu par son coreligionnaire terroriste. C’est enfin l’histoire de ce français de souche rebaptisé Abu (François POURON), qui a rejoint le terrorisme islamiste pour « faire le djihad », et a oublié d’où il venait.


 

Le découpage audacieux de la réalisatrice nous amène donc au plus près de l’intimité de ces trois personnages brillamment interprétés, à travers trois récits, trois regards, qui justifient la durée du film (2H20).

Si beaucoup d’indices montrent que les scènes sensées se dérouler au Moyen-Orient ont été tournées en France, et bien on y croit tout de même ! Cela ne se révèle nullement gênant, tant la force évocatrice du récit et le jeu des acteurs emportent l’adhésion.

Ce que l’on voit : des plans très propres, des décors bien choisis, enfin une photographie qui donne une ambiance iconographique et presque intemporelle. (Il faut aussi ajouter qu’un contexte de guerre menée par des terroristes islamistes sur une terre européenne peuplée de musulmans n’a plus grand chose d’improbable…).

Ce que l’on entend : des dialogues grande justesse, et la musique de cette artiste Syrienne ainsi que le chant Ukrainien, qui, rien que pour les entendre, justifient d’aller voir le film !

Ce que l’on sent : le spectateur finira peut-être même par sentir ces parfums omniprésents tout au long du film, souvent évoqués par Lucie, mais aussi l’odeur du sable, de la poudre et du sang.

Ce qui nous a particulièrement marqué, c’est le traitement du monde djihadiste d’un niveau quasiment documentaire. Les expressions et la psychologie des personnages sont très réalistes et loin de la caricature. Bien que cela soit le fait d’un très bon jeu des acteurs, cela témoigne aussi d’une très bonne documentation de la réalisatrice en amont du tournage.

Cette tragédie moderne s’achève tout de même avec un message d’espoir d’une grande beauté. Un film à voir, particulièrement en ces temps sombres pour les peuples européens.

Laurent Fournier

Commandez le DVD : http://www.cheyennecarron.com/

Cheyenne Carron

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Une fin du monde sans importance