La fin d’un monde n’est pas la fin du monde

La fin d’un monde n’est pas la fin du monde

Le coup d’oeil de Philippe Randa (paru dans le journal Présent).


Le monde va mal : la rengaine est connue, mais certains veulent que cela change ; Georges Gourdin est l’un de ses éclaireurs.

D’abord, il désigne clairement la plus importante cause actuelle des dérèglements du monde : la surconsommation ! Il cite d’emblée l’avertissement de Georges Sorel : « La doctrine du progrès permet de jouir en toute tranquillité des biens d’aujourd’hui, sans se soucier des difficultés de demain » (Les illusions du progrès).

Il en appelle donc au « Sabotage » et lance un « appel à la grève des consommateurs ».

L’intérêt de sa réflexion revigorante est non seulement qu’il expose clairement les maux de nos sociétés et chacun y reconnaîtra aisément ses propres constats dans la vie quotidienne, mais qu’il propose pour y remédier des solutions simples, pratiques, frappées au sceau du bon sens : c’est  la « consommation dissidente », basée sur la renaissance des solidarités, la réapparition du troc, la possibilité, grâce à de multiples sites internet (Le Bon coin, etc.), d’échanges de marchandises tout azimuts…

Au lieu de subir la décroissance, intégrons-la de gré, « prenons-la comme une aubaine. Une aubaine économique, sociétale et environnementale, mais pas seulement. Une aubaine pour sa santé et pour la planète. »

Le lecteur ne pourra également qu’être interpellé par les « quelques pistes pratiques » que l’auteur propose en fin d’ouvrage : « Ne faites pas »… « Faites ».

Clair, net, précis, ce livre n’en est que plus jubilatoire.

Sabotage, « Appel à la grève des consommateurs », Georges Gourdin, Éditions Godefroy de Bouillon, 2016. (le site du livre : www.sabotage-grevedesconsommateurs.fr)